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Le Calcul de l'Héritage (Ilm Al-Mirath) en Droit Marocain

Le droit des successions au Maroc, régi par le Livre VI du Code de la Famille (La Moudawana, Articles 321 à 395), est codifié selon les règles immuables du droit musulman (rite malékite). La détermination et la répartition des parts de chaque héritier obéissent à un système mathématique et juridique rigoureux appelé "Ilm Al-Mirath".

1. Les deux grandes catégories d'héritiers

Le système successoral marocain distingue principalement deux types de dévolutions :

Les héritiers à quote-part fixe (Ashab Al-Furud) : Ce sont les personnes auxquelles la loi attribue une fraction précise et invariable de la succession (la moitié $1/2$, le quart $1/4$, l'huitième $1/8$, les deux tiers $2/3$, le tiers $1/3$, ou le sixième $1/6$). C'est le cas par exemple de l'époux, de l'épouse, de la mère ou des filles sous certaines conditions.
Les héritiers résiduaires (Ashab Al-Taâssib) : Ce sont ceux qui ne reçoivent pas de part fixe, mais qui appréhendent la totalité de la succession ou le reliquat après que les héritiers à quote-part fixe ont reçu leurs dus. Le cas classique est celui du fils, du frère germain ou du père.

Les quotes-parts légales (Les Furuds) :
1/2
1/4
1/8
2/3
1/3
1/6

2. Le mécanisme de l'exclusion (Al-Hajb)

L'exclusion est une règle pivot du calcul de l'héritage :

Exclusion totale (Hajb Hirman) : La présence d'un héritier plus proche en degré parenté peut priver totalement un autre héritier plus éloigné de son droit à la succession. Par exemple, la présence d'un fils exclut totalement les frères et sœurs du défunt.
Exclusion de diminution (Hajb Noqsan) : La présence de certains héritiers fait passer un autre d'une part supérieure à une part inférieure (par exemple, la présence d'enfants fait baisser la part de l'épouse de $1/4$ à $1/8$).

3. Complexités techniques : L'Aoul et l'Inkisat

Lors de la liquidation d'une succession, les juristes font face à des cas complexes où la somme des fractions dépasse l'unité ($> 1$). On applique alors la technique de l'Aoul (عول), qui consiste à augmenter proportionnellement le dénominateur de base pour réduire à parts égales les quotes-parts de chacun. À l'inverse, si la somme est inférieure et qu'il n'y a pas d'héritier par taâssib, on applique le Radd (رد). Étant donné la technicité extrême de ces calculs, l'assistance d'un avocat et d'un adoul est essentielle pour éviter les erreurs d'interprétation. Notre cabinet vous accompagne pour simuler, auditer et liquider vos successions complexes.

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