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L'Abus de Biens Sociaux (ABS) au Maroc : Responsabilité du Dirigeant

L'abus de biens sociaux est l'une des infractions phares du droit pénal des affaires au Maroc. Il encadre de manière stricte le pouvoir des gérants et administrateurs afin d'éviter que le patrimoine de l'entreprise ne soit confondu avec leur patrimoine personnel.

Qu'est-ce que le délit d'abus de biens sociaux par un dirigeant ?

Au Maroc, le **délit d'abus de biens sociaux (ABS) par un dirigeant** désigne le fait, pour un gérant (de SARL) ou un membre des organes de direction (de SA), de **faire de mauvaise foi un usage des biens ou du crédit de la société qu'il sait contraire à l'intérêt économique de celle-ci**, à des fins personnelles ou pour favoriser une autre entreprise dans laquelle il est intéressé directement ou indirectement. L'infraction est matérialisée par la réunion de quatre critères : un acte d'usage (détournement de fonds, usage de véhicules de fonction à des fins privées, paiement de factures personnelles), la mauvaise foi du dirigeant, la conscience d'agir contre l'intérêt social, et la poursuite d'un intérêt personnel. Selon la **loi n° 5-96 (article 107)** pour les SARL et la **loi n° 17-95 (article 384)** pour les SA, ce délit est lourdement sanctionné d'un **emprisonnement de 1 à 6 mois** et d'une amende pénale pouvant s'élever jusqu'à **400 000 dirhams**.

1. Les Éléments Constitutifs de l'ABS en Droit Marocain

Pour retenir la qualification pénale d'abus de biens sociaux, les juridictions marocaines vérifient l'existence d'éléments précis :

L'acte contraire à l'intérêt social : Toute dépense ou engagement de la société qui appauvrit son patrimoine sans contrepartie réelle ou qui lui fait courir un risque anormal.
Le but personnel ou de favoritisme : Le dirigeant doit avoir agi pour son propre profit (enrichissement, prise en charge de son train de vie) ou pour soutenir une entité tierce dans laquelle il possède des parts.

2. Exemples Courants d'Abus de Biens Sociaux

La pratique judiciaire devant les Tribunaux de Commerce et de Première Instance met en lumière plusieurs dérives récurrentes :

Les dérives de trésorerie : Prélèvement direct dans la caisse, virement du compte de la société vers un compte personnel sous couvert de fausses notes de frais.
La prise en charge de dettes tierces : Faire cautionner par sa société florissante les dettes contractées par une autre filiale ou entreprise en difficulté gérée par le même individu.

3. Procédure, Prescription et Action des Associés

La protection des actionnaires minoritaires et des créanciers est assurée par des mécanismes de recours dédiés :

L'action ut singuli : Permet à un ou plusieurs associés de s'unir pour intenter une action en justice au nom et pour le compte de la société contre le dirigeant fautif afin de demander réparation.
Le rôle du Commissaire aux Comptes (CAC) : Au Maroc, le CAC a l'obligation légale de révéler les faits délictueux dont il a connaissance au Procureur du Roi, sous peine de voir sa propre responsabilité engagée.

Vous suspectez des anomalies de trésorerie ou un détournement d'actifs par un co-gérant au Maroc ? Protégez votre société.

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